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B. I D E N D O
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LA CIVILITÉ
PUÉEILE ET ÏÏOIIÎÈTE
expliquée
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NCLB EUGENE
et illustrée
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M. B. DE MONVEL
PLON-NOURRIT et C'«, IMPRIMEURS-ÉDITEURS, RUE GARANCIÈRE, 8, PARIS
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C'est la propreté qui fait reconnaître à première vue un
enfant bien élevé. Nous devons donc tout d abord parler de
la propreté.
Qiielqucfois , en nous promenant dans la campagne, nous
rencontrons de pauvres petits, gardeurs de vaches ou gardeurs
doies, en sabots, ou même pieds nus. Ils ont les cheveux
ébomiffés, les mains noires, le nez affreirsement sale. Les uns
ne sont débat bouilles que le dimanche, les auties ne le sont;
jamais. Plaignons-les. Letns parents, les ims négligents, les
autres empêchés par leur travail, ne savent pas ou ne peuvent
pas s occuper d eux.
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Pour vous, qui avez; le bonheur tle posséder de gentilles
mamans, des bonnes soigneuses, la civilité exige que vous
soyez toujours propres... ou à peu près.
Si cependant un jour il vous arrive, en \ous tiaînant par
terre plus que vous ne devriez, de ^'ous noircir les mains, je
\'ous recommande surtout de ne pas aller, comme ce gros bêta
de Joseph, les frotter sur les meubles du salon, ni sur les robes
des dames. En agissant ainsi \'ous ne feriez certainement plaisir
à personne et vous ne manqueriez pas de vous attirer à vous-
même quelque bien Bcheux compliment.
Un jour, le petit Paul, peu obéissant, ayant farfouillé dans le
seau au charbon, en sortit ses deux mains plus noires que
celles d'un ramoneur.
De peur d'être grondé, il s'empressa de les lécher et de les
essuyer aux rideaux blancs de la fenêtre. Belle manière de faire
sa toilette! Vous pensez si sa maman s'en est aperçue et si le
méchant gamin a été puni.
Le mieux est donc, lorsque vous avez commis quelque
maladresse qui vous, a sali les mains, d'aller les montier tout
simplement à \'otre bonne, pour qu'elle v passe vite un peu d'eau
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avec une éponge ou une serviette. Fout le monde verra
ainsi que vous êtes un enfant soigneux et bien élevé.
De même, chaque fois qu'il vous semble que votre nez
ne doit pas être bien propre, ce qui peut arriver soin ent
quand vous êtes enrhumé, allez tout aussitôt, si \oin
êtes un tout petit, tendre votre nez mouillé à votre
maman ou cà la personne qui vous garde : elle vous
mouchera sans vous faire de mal. C'est une grosse
sottise que celle de ces nigauds qui se sauvent quand
on s'approche pour les moucher, ou qui poussent les
hauts cris comme si on voulait les écorcher.
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l'ciiil, ce jeune éLoiirdi dont nous avons déjà j^arlc,
a la manie de s'essuyer le nez en le frottant sur la
manche de sa blouse, comme le fêtait un petit
paysan. Cela dégoûte tout le monde, et quand ses
parents s'en aperçoivent, ils le mettent en pénitence.
Ils ont bien raison.
Une autre très-mauvaise habitude est celle de ces
enfants qui enfoncent continuellement leurs doigts
dans leur nez. Gardez-vous de pareille chose, et ne
prenez pas exemple sur la vilaine Fanny, qui, par sa
malpropreté, fait le désespoir de sa maman.
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Un enfant un peu friand doit tcnijouvs a\()ir un
mouchoir dans sa poche, pour ne pas être obhgé
d'emprunter celui des autres personnes.
Paul, ayant un jom^ otiblié le sien. Ht la sottise de se servir
du foulard qui pendait à la poche d'un monsieur, et cela
sans même demander auctnie permission. Si le garde du
jardin avait ^u la chose, pour stlr il atnait conduit le
mauvais ' farcetn- à la prison dti poste. Paul Fut d'ailleius
bien attrape, car le monsieur était un priseur, et son
foulard était reiiqjli cle tabac, de sorte que notre petit
drôle en eut le nez tout barbouillé : ce hit sa
ptmition.
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LES DEVOIRS DE CONVENANCE
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Un enFcini bien élevé ne manque jamais, cliaque malin, de dire
bonjdur a son papa et à sa maman, et de les embrasser gentiment
sur les joues.
Puis il embrasse ses frères et ses sœurs, et il a rempli ses
premiers devoirs de politesse envers sa famille.
Qjiand, dans la journée, viennent le grand-papa et la grand'-
nianian, les oncles et les tantes, les cousins et les cousines, les
amis les plus intimes, il s'empresse tl'aller au-devant d'eux, de leur
dire bonjour et de leur donner de bons baisers. Il est certain
de faire ainsi grand plaisir à tous.
S il survient des personnes étrangères ou que l'on voit rarement
à la maison, il doit Iciu" dire bonjou)' poliment; mais, avant de
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les embrasser, nous lui conseillons d attendre qu'on lui dise de
le feire. Sans doute, il est aimable d'embrasser les personnes de
la fomille et les amis les plus intimes; mais ce serait se montrer
presque indiscret que d'aller tendre ses joues à tout venant.
A ce propos, il nous faut raconter ici la maladiesse d'un petit
garçon nommé André. Cet enfant, fort hurluberlu, n'alla-t-il
pas un jour sauter au cou d'un commissionnaire qui déposait
un paquet dans l'antichambre, et l'embrasser tout bêtement!
Le commissionnaire était un brave Auvergnat; il fut fort étonné
et dit à l'enfant : « Monchieu est bin honnête. »
Tout le monde a ri de bon cœur de l'étourderie du petit
André, et l'on s'est bien moqué de lui.
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Qiiand uae dame vient en visite de cérémonie, la petite (ille
de la maison lui hk une gentille révérence; et lorsque la dame
dit : (( Bonjour, mademoiselle Jeanne », Jeanne rcj:)ond aussiiôt :
« Bonjour, Madame. »
Il y a certaines petites filles un peu sottes qui, au lieu de ré-
pondre se sauvent et vont se cacher sous les meubles; il y en a
d'autres qui s'entêtent à ne pas dire bonjour et se mettent à
pleurer, ce qui est ridicule.
Il y en a encore qui viennent regarder cinieusement par
la porte entr'ouverte, en même temps qu'elles chuchotent ou
ricanent sans raison, ce qui est fort impoli.
Enfin il y en a qui tournaillent autour des visiteurs, les
bousculent en jouant, et crient en courant de manière à
fendre la tête à. tout le monde, ce qui est absolument insup-
portable.
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i6
Jeanne, au contraire, se conduit tout à fait gentiment quand
sa maman reçoit une visite.
Elle approche un petit tabomet poiu' que la dame y pose
ses pieds, ou bien elle lui apporte un écran poiu' que le feu
ne lui brûle pas la figure.
La dame la remercie, et paraît contente de \oir une petite
Hlle aussi bien élevée.
A ses joins de réception, la maman de Jeanne oflFre du thé;
Jeanne aide sa maman : elle présente aux dames le sucriei',
ou l'assiette aux petits gâteaux.
Qiiand il vient d'autres enfants, elle ])rend soin de les faire
goûter; elle leur met au cou une petite serviette poin~ éviter
tout accident, et ne manque pas ensuite de leur essuyer le?
vloigts pour qu'ils ne poissent pas leurs \'ctcments.
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André, qui n'est pas un méchant garçon, \'cut faire comme sa
soeur. Mais, nous l'avons vu déjà, c'est un gros étourdi.
Un jour, il approche très-poliment une chaise à un ami de son
père. Le monsieur se tient debout un instant pour expliquer
quelque affaire : André ne pense déjà phis à ce qu'il a fait; il retire
la chaise et la reporte à sa place.
Le monsieur croit que la chaise est toujours derrière Itii, et, quand
il veut s'asseoir, patatras! il tombe à la renverse sans pouvoir se
rattraper.
André est désolé de sa maladresse et de sa distraction, car le
pauvre monsieur s'est fait bien mal et, ]:>our sAi', n'est pas trop
content.
Lorsque votre niamaii possède un petit eliieu, e'est être bien élevé
que de renipêcher d'aboyer après les visiteurs.
Au contraire, c'est être mal élevé que d'exciter le roquet pour
qu il morde les mollets à toute persontie t]tii entte.
Ne faites donc pas une pareille chose, car oti \'ous prendrait
pour un de ces vilains gamins des rues toujours prêts à jouer
quelque mauxais tour, qui font « xi, xi! « aux chiens, et les
poussent à mordre les jeunes pationnets.
Ces pauvres petits mitrons, totit occtipes qu ils sont a maintenir
leur panier stii leur tête, ne savent pas comment se défendte, et
c'est fort mal de les tourmenter ainsi. D'autant plus que s'il
leur arrive de laisser tomber leur précieux firdeau, cjui est ce qui
mange le gâteati ou la tout te:' C est le chien.
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Lorsque \otrc professeur vous donne une leçon, vous devez
1 "écouter de vos deux oreilfes.
Ce ne serait pas \ous nK)ntier poli vis-a-vis de lui, que de
penser à autre chose qu'à ce qu'il prend tant de peine à vous
expliquer; de suivre du regard le vol d'une mouche à laquelle
\ous a\ez collé un pain à cacheter; ou encore de courir pré-
cipitamment à la lenétre, parce que \ous entendez passer un
cavalier au galop.
Vous devez, au contraire, être tout à \'otre travail, selon l'exemple
que nous en donne ce bon petit Pierre; et lors même que, par
hasard, la leçon ne \ous amuserait pas beaucoup, vous ne devriez
N jamais pour cela nous mettre à bâiller comme le foit
monsieur Paul, à vous délirer, a pousser des soupirs
capables de laisser supposer à votre maître que \'ous \-ous ennuyez,
car vous risqueriez de lui faire une gra\e olfen'^e.
La leçon finie, \ous de\ez reconduite votie professeur juscjua
la porte, sans jantiis lui dire un mot qui puisse l'amener à cioire
que vous avez irou\c la leçon trop longue, ou que vous étiez
impatient qu'elle fût terminée pour aller jouer aux billes ou à la
toupie.
C^e que nous \enons de dire s'appli(jue aux jeunes garçons
qui travaillent chez letirs patients.
C^Liant à ceux qui vont déjà à la ]:)ension ou" au collège, les
pensums et les i-etenues leur ont \ite appris ce qu'il n'est pas poli
que fasse un écolier; et les élèves bien a\'isés ne commettent pas
deux fois la même faute contre la ci\'ilité en classe, car il n'est
certes pas agréable d'être privé de sa sortie du dimanche-
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Une petite lille connue il faut fait toujours bon visage à sa maîtresse
de graniniaire, à sa maîtresse de calcul, à sa maîtresse d'anglais on
d'allemand, en un mot, à totites les dames on demoiselles qui viennent
lui enseigner quelque chose. Elle apprend et répète ses leçons avec
docilité et bonne humeur. C'est svutout pendant les leçons de piano
qu elle -montre son gentil caractère et sa parfaite éducation. « Allons,
mon enfant, dit sa bonne maîtresse, faites attention que c'est la
mesine à quatre temps. Comptez bien vous-même : une, deux,
trois, quatre. Vos mains bien posées. Allongez vos petits doigts,
mais ne les levez pas en l'air comme des cornes de colimaçon. »
Voyez comme cette chère petite Jeanne s'applique. Elle se mettra
d au^si bonne grâce à ses gammes, quoique ce ne soit guère amusant,
et, s'il le faut, pour se délier les doigts, elle recommencera
22
Qiiclle difrérence entre Jeanne et Fanny! Autant l'une est aimable,
ftutant l'autre est grognon et entêtée. Il semblerait qu'elle fait exprès
d'aller à contre-mesure; c'est un véritable charivari, tellement elle
tape sur le piano à tort et à travers. A toutes les observations qu'on lui
adresse, elle hausse les épaules comme une petite mal élevée. Si sa
maîtresse lui dit de recommencer, elle répond que c'est tiop
ennuyeux. Si elle la prie de regarder sa musique, la paresseuse
enfant pousse l'indocilité jusqu'à lever le nez en l'air, regarder le
plafond et se croiser les bras. Mais elle sera bien punie de toutes
ces impertinences : tandis que Jeanne saura bientôt jouer de jolis
morceaux dans les réunions de famille et fera plaisir à totit le monde,
Fanny ne sera bonne à rien; elle resteia dans im coin, et personne
ne se souciera de cette petite maussade.
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Un maître de danse et de maintien viendra aussi enseigner aux
petites demoiselles et aux petits messieurs comment il faut se tenir
assis convenablement, sans se vautrer sur les fauteuils; comment
on doit marcher d'un pas régulier, les pieds un peu en dehors, et
sans les traîner a\'ec nonchalance; comment on salue avec cour-
toisie : les petites filles, en faisant la révérence; les petits garçons,
en inclinant la tête.
« Surtout, mesdemoiselles, tenez-vous droites », dira-t-on aux
unes. « Allons, messieurs, un peti moins de roidein^ ou de brus-
querie », ajouteia-t-on pour les autres. Et vos bonnes manières
se formeront peu à peti, sous l'oeil de vos mamans, jusqu'à ce
que vous deveniez des jeunes filles et des jeunes gens accomplis.
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LA BONNE TENUE A TABLE
25
Une affaire assez importante est celle de prendre ses repas;
une antre qui ne l'est pas moins, c'est de le faire avec bienséance.
Il ne s'agit pas, en effet, de se comporter comme les petits et les
gros chiens, qui se jettent gloutonnement sur leur pâtée, ou se
battent entre eux pour se disputer les meilleurs morceaux et
s'arracher les os à croquer.
Les gens h\en élevés ne s'y prennent pas comme les animaux.
A table , chacun occupe une place selon son rang et suivant son
âge. Les parents sont servis avant les enfants, les grandes personnes
avant la petite jevmesse. Les enfants attendent leur tour sans rien
demander. Ils mettent bien leur serviette, et quand leur soupe est
dans leur assiette, ils la mangent tranquillement avec leur cuiller.
26
en prenan*^ garde de ne pas la faire couler sur leur menton, tout du
long de leur serviette et sur la nappe, ce qui serait malpropre.
Si votre soupe est trop chaude, soufflez légèrement dessus
pour la refroidir, mais ne faites pas comme ces lourdauds, qui
soufflent si fort qu'ils éclaboussent leurs voisins et font jaillir le
bouillon jusqu'au beau milieu de la table. J'en ai vu d'autres tourner
si violemment leur cuiller dans leur assiette, que la soupe débor-
dait tout autour et se répandait comme une inondation sur la nappe.
Tout cela doit être évité.
Appliquez-vous surtout à ne pas manger trop vite, et ne cherchez
pas à parler quand vous avez la bouche pleine, autrement vous
risqueriez de vous étrangler, de tousser et de tout salir autour de
vous.
Si vous êtes im peu enrhumé, prenez soin de ne pas éternuer
Luis rassicttc de \otre Noisin, qui n'est ])as destinée à recevoir
une telle sauce. De préférence, éternuez dans votre mouchoir,
ui, SI vous êtes surpris, mettez bien vite la main devant votre
bouche et votre nez pour éviter une explosion trop fâcheuse.
QiiancI vous avez mangé ce qu'on \'otis avait mis dans \'otre
assiette, ne dites pas : « C'est bon, j'en veux encore. «
Attendez que vos parents voirs en pro])osent de nouveau.
Un petit garçon qu'on avait oublié de servir et cjui ne \'ou-
lait rien demander, parce qu'il savait que ce n'est pas conve-
nable, eut la bonne idée de prendre quelques grains de sel
dans la salière qui se trou\ait devant lui et de les melUx^ dans
son assiette.
Son voisin xoulut savoir pourquoi il a\ ait pris du sel, n'ayant
rien à manger. Il répondit : « C'est pour saler le gigot que
papa va me donner tout à l'heure. « Et ainsi, on pensa à servir
ce petit garçon très-poli, et cela sans (ju'il eût rien demandé.
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Lorsque vous avez soif, ne triez pas :. n A boire! >■ Dites
plutôt, sans élever la voix : « Papa, ou Maman, voudriez-vous
me donner à boire, s'il vous plaît? » et quand l'un ou l'autre l L\' /, 'i'
vous en a versé, dites : « Meixi, papa », ou : « Merci, maman ».
Pour boire, tenez bien votre timbale ou votre verie.
Ne faites pas comme ces petits distraits qui regardent d'un
autre côté et se jettent tout dans l'oreille ou dans le cou, oti
cjui replacent si mal leur verre sur la table qu'ils répandent
1 eau rougie en cascade sur la nappe.
Si une mouche se pose sur votix tête et vous cause une
légère démangeaison, vous ne devez, sous aucun prétexte, vous
gratter avec votre fourchette. Elle n'est point faite pour cet
usage, mais bien poiu' vous permettre de manger votre viande
et vos légumes, que vous ne deve^ jamais prendre à poigne-
main pour les mettre dans votre bouche, comme foui les
sauvages de l'Afrique et de l'Océanie.
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Ne soyez pas bruyants; laissez causer tranquillement les
grandes personnes.
Ne les interrompez pas à tout instant en jouant au cerceau
avec les ronds de serviettes, en sifflant des airs, en vous
remuant sur votre chaise.
En attendant qu'on vous serve, ne vous accoudez pas sur la
table, ne vous étendez pas sur la nappe, comme si vous vouliez
vous endormir sur un lit.
Toutes ces habitudes sont d'un enfant très-mal élevé.
Ne quittez jamais la table que dans des circonstances impé-
rieuses et légitimes. Si vous sentez que cela est indispensable,
éloignez-vous à temps, et, par discrétion, évitez, autant que
possible, de faire remarquer votre brusque départ.
]M- R^^Éà::.. ^^.L?^' P
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On ne mord pas dans son pain; on le casse en petits mor-
ceaux, qtie Ion mange en même temps que la viande ou les
légumes.
On se sert aussi de son pain pour pousser la viande et les
légumes contre la fourchette et pour prendre les sauces.
Il n'est pas mal de saucer un peu son assiette; mais il n'est
pas bien d'en lécher le fond, sous prétexte de « ne pas perdre
la bonne sauce ».
Il faut bien vous garder de lancer des boulettes de mie de pain
à votre petit cousin qui est de l'autre côté de la table. Vous ris-
queriez de les envoyer dans les plats, oti même, sans le vouloir,
sur le nez d'im monsieiu^ ou d'une dame, ce qui serait une très-
grande impolitesse.
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Un enfant qui, sans attendre qu'on fasse passer le dessert, se lèverait sur sa
chaise, tendrait le bras et s'emparerait lui-même d'un gâteau ou d'un fruit dont
il a envie, serait aussitôt mis à la porte, car il auràt fait là quelque chose de
tout à fait inconvenant.
Si l'on sert une bonne crème au café ou au chocolat et qu'on vous demande
si vous en désirez, ne dites pas : « Oui, j'en veux beaucoup, j'en veux trop »
ce qui vous ferait passer pour un gros gourmand. Répondez : « Oui, mon-
sieur », ou : « Oui, madame, j'en voudrais bien un peu. » Et l'on verra tout
de suite que vous êtes un enfant comme il faut.
Ce sont des gamins bien peu convenables, ceux qui, au goûter, lèchent le
dessus de leurs tartines de confitures, s'en barbouillent le nez, les joues, les
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mains et les vêtements. Leur gourmandise est bête, et ils en sont punis : la
confiture toute seule est trop sucrée, et il ne leur reste plus, après qu'ils l'ont
léchée, que le pain sec et la honte de leur malpropreté
Nous en citerons un exemple :
Louise, Maurice et leur petit frère Henri étaient à la campagne, chez leur
grand'maman. On leur avait promis de les régaler, à leur goiVer, avec une
excellente confiture d'abricots qu'ils avaient vu cuire, le matin, dans la grande
bassine de la bonne Gertrude. Sans attendre l'heure, nos trois petits gourmands
vont si bien tourmenter Gertrude, que chacun obtient d'elle ime superbe
tartine. Les voilà bien contents, mais, à vrai dire, ils n'ont guère faim encore,
et c est la confiture seule qui les tente. Louise alors donne le mauvais
■m/ft, .
exemple, en passant la langue sur sa tartine. — Fi, la \'ilaine gourmande!
Maurice imite aussitôt sa sœur.
Naturellement, Henri ne manque pas de faire comme font les plus grands.
Naturellement aussi, la confiture a bientôt disparu des trois tartines.
Maintenant, mangeront-ils le pain tout seul? Ils n'en ont pas trop envie,
mais ils ne savent qu'en faire.
Louise et Maurice ont l'idée saugrenue d'offrir au petit Henri de manger
leiu" part, tandis qu'il a déjà trop de la sienne. Henri fait une mine dégoiitée,
et il a raison. Ce sont Louise et Maurice qui ont tort, car il est impoli, on
poiuTait dire grossier, d'offrir à un camarade, lors même que c'est un petit
frère, une tartine que l'on a léchée.
^ ÎBà
âM.-
34
LA CIVILITE
EN PfiOMENADE ET EN VISITE
35
Une petite fille bien élevée, quand elle sort avec sa maman, lui
donne la main ou marche gentiment auprès d'elle.
Si vous voyez une petite fille rester en arrière, s'arrêter toute seule
pour regarder les boutiques, puis courir poiu" rejoindre sa maman
ou sa bonne, vous direz tout de suite qu'elle n'a pas la tenue d'une
enfant comme il faut.
A la promenade, Pierre lève poliment sa casquette, comme le
doit faire un garçon de son âge, pour saluer les personnes de sa con-
naissance.
Paul, qui ne manque pas une occasion de se donner l'air d'un
paillasse, fait un pied de nez à ses cousins quand il les rencontre.
Il n'y gagne rien : car, en raison de toutes ses sottises de ce genre,
y(T^ on le considère comme un pantin sans cervelle, tandrs que l'on
estime Pierre.
3M-
36
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Qiiand Jeanne est en voiture et qu'elle \'oit passer une de ses
amies, elle sourit et lui fait un petit signe amical de la main pour
lui dire bonjour.
Cela est fort gentil, et son air aimable satisfait tout le monde.
Jeanne a tme jeime cousine nommée Berthe, (jui, sur ce point,
agit tout autrement.
Berthe est une espiègle, mais elle passe les bornes de la plai-
santerie permise. A ceux qu'elle rencontre elle feit une vilaine
grimace ou elle leur tire la langue, parce qu'elle croit qu'on en rira.
Mais elle se tiompe fort, et tout le monde s'accorde à la trouver
vraiment bien malhonnête.
Dehors, comme à la maison, si vous voulez nous en croiic, jeunes
enfants, vous éviterez de déchirer les robes des dames, car on a
remarqué que, le plus souvent, cela les contrarie.
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3?
Ayez grand soin aussi de ne pas marcher sur les pieds des personnes;
vous risqueriez de les blesser.
Si accidentellement cela vous arrive, hâtez-vous de demander
pardon. Ne faites pas comme un petit garçon qui, au lieu de présenter
ses excuses, dit au monsieur fâché : « C'est donc à vous tous ces
pieds-là ! »
Ne marchez pas non plus sur les pattes des gros chiens; ils pourraient
vous mordre le nez; ni sur celles des petits chiens, parce que^cela
causerait par trop de chagrin à leurs bonnes maîtresses.
Qiiand Pierre et Paul vont faire une visite avec leur papa, Pierre
marche avec attention, s'il fait un peu crotté, tandis que Paul semble
prendre plaisir à mettre ses pieds dans les flaques d'eau Aussi
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38
Piene arrive propre comme s'il sortait d'une boîte, tandis que son
frère a l'air d'un affreux barbet.
Pierre laisse passer devant lui les grandes personnes. Paul se précipite
en avant comme un étourneau, se jette tête baissée dans les jambes de
tout le monde, et risque, à chaque instant, de faire tomber quelqu'un.
C'est l'exemple de Pierre qu'il fuit suivre.
Lorsque Jeanne accompagne sa maman dans ses visites, elle conserve
toujours sa bonne tenue; aussi toutes les dames sont contentes de la
recevoir. Dans le salon, elle s'assied sur un pouf ou un petit coussin,
ne touche à rien, prend le bonbon ou le petit gcâteau qu'on lui olïre et
dit merci, n'en demande pas d'autres, et fait toutes choses avec conve-
nance. Sa maman a tout plaisir à l'emmener, car elle n'en reçoit que
des compliments.
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Nous n'eu pourrions pas dire autant de Bertlie. Cette malheureuse
enfant a la mauvaise habitude de toucher à tout. Un jour, chez
une de ses tantes, pendant que Ton causait sans plus penser à elle,
Berthe qui admiiait de charmants petits oiseaux, a l'idée de les
prendre dans ses mains, et elle ouvre la porte de leur cage. Les
oiseaux en profitent pour s'envoler, et se sauvent aussitôt par la
fenêtre. Berthe fut bien penaude, car les oiseaux furent perdus et
peut-être mangés par des chats. Une autie fois, en visite chez une
dame, elle veut jouer avec un plateau de jolie porcelaine de Chine;
elle le laisse tomber et casse tout. 'Vous pensez si sa maman fut
contrariée! Depuis, elle a renoncé à emmener Berthe nulle part.
Les enfants « touche-a-tout » sont la honte des parents, et on
ne leur fait bon accueil en aucune maison.
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LA COURTOISIE ENTRE ENFANTS
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23/
Il ne sufTu pas
que les enfants
soient polis avec
les grandes personnes. Ils doivent encore être polis entre eux.
Quand une petite amie vient vous voir, vous ne devez pas faire la
^^ maussade, refuser de jouer avec elle et vous retirer dans un coin avec
votre poupée. Parlez-lui, au contraire, avec un air content; proposez-
^ lui la première déjouer avec elle; mettez-lui votre poupée dans les
^ bras, en lui recommandant de prendre bien soin de cette chère petite.
Montrez-lui son lit a grands rideaux, puis ses robes, ses souliers, ses
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bonnets, ses chapeaux, tout cela serré dans ses petits meubles. Votre
amie s'amusera beaucoup, et, quand vous irez la \'oir, elle sera à son
tour aimable avec vous. C'est comme cela que doi\'ent, en effet, se recevoir
deux petites filles de bonne compagnie.
Rien de plus laid, au contraire, que celles qui se querellent, se fâchent,
s'arrachent leurs poupées des mains.
« — Mademoiselle, c'est maintenant mon tour », dit l'ime.
« — Non, mademoiselle, je ne veux pas ^'Ous la rendre », dit l'autre,
« parce que vous êtes une méchante. »
« — Pas du tout, mademoiselle, c'est vous qui avez cominencé. »
Un peu plus, elles se battraient à coups d'ongles comme ces vilains
chats de gouttières. Leurs frètes sont obligés de les séparer, et leurs
mamans sont désolées d a\oir de pareilles enfants.
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42
Un jour, au bord de la mer, de bons petits garçons avaient, avec
beaucoup de patience, creusé un port dans le sable, puis élevé une digue
et un môle.
Le gros Hector survint, et, abusant de ce qu'il était plus grand et
plus fort que tous les autres, il s'empara de force de leur travail. Son
action était lâche et grossière, et il en fut bientôt puni.
Un grand frère de ceux qui avaient été maltraités, ayant vu la chose,
vint prendre Hector au cou, lui enfonça la tête dans le canal du petit
port, et lui fit ainsi avaler une bonne lampée d eau de mer. Sans compter
que le mauvais garçon se releva a\ec la figure toute pleine de sable
mouillé.
Bonne leçon de politesse poiir ceux qui sont tentés d'abuser de leur
force contre les faibles !
43
11 n'est pas coiueiuiblc de prétendre garder toujours pour soi-même le
meillein- rôle dans tous les jeux : être le cocher quand on joue aux chevaux,
l'oflicier quand on joue aux soldats.
Il est fort bien au contraire de céder un peu la place aux auttes, afin
que chacun puisse avoir son tour et en être satisfait.
C'est dans une excellente pensée que ce bon Pierre, quand il joue à
courir avec de plus petits que lui, ne manque pas de se laisser atteindte
quelquefois par eux, ce qui les rend tout fiers d'avoir pu attraper un grand.
Et il est content lui-même de les avoir rendus si heureux.
C>iiand, après le dîner, vos parents ont la bonté de vous taire jouer aux
cartes ou aux dominos, il ne faut pas vous mettre niaisement à pleurer
si vous perdez, ni surtout vous fâcher contre vos petits camarades ou vos
4A
petites amies qui se trouvetaient avoir plus de chance que \()us. Jeter les cartes
au nez de ses ad\'ersaires et se mettre en colère jusqu'à renverser la table à jeu,
ce sont là des actions tout à fait blâmables et indignes d'enfants comme il faut.
Mais, d'autre part, si vous gagnez, il ne faut pas non plus vous moquer
méchamment de ceux qui perdent et les taquiner, en leur faisant « ratisse,
ratisse ! » car vous risqueriez de les chagriner.
En un mot, la politesse au jeu consiste à rester toujours aimable avec les autres
et à montrer un bon caractère, aussi bien lorsque l'on perd que lorsque l'on gagne.
Si l'on vous fait danser une ronde, un galop ou une polka, il ne faut
pas vous lancer comme de petits fous, au risque de renverser les chaises,
la table avec la lampe, de vous culbuter les uns par-dessus les autres, et
d'aller même vous jeter la tête la première dans la cheminée. Tout cela
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pourrait amener de qra\'es accidents, et puis, ce n'est pas la bonne
manière de se comporter dans un salon.
Qriand un petit garçon danse avec sa petite sœur ou sa petite cousine,
il ne doit pas la prendre brusquement, ni la bousculer.
Il faut, en toutes choses, que les petits gaixons, qui seront un jour
des hommes, s'habituent de bonne heure à être polis et bien élevés
avec les petites demoiselles, qui seront plus tard des dames.
Par la même raison, les petites demoiselles doivent songer qu'elles
sont destinées, en effet, à devenir des dames, et qu'il ne convient pas,
par conséquent, qu'elles prennent jamais les vilaines manières des garçons
mauvais sujets.
* V \:
46
CONCLUSION
En attendant, cheis enfants, que vous deveniez tous de
grandes jeunes filles très-bien élevées, ou des jeunes gens très
coninie il faut, — ce qui ne peut manquer si vous avez écouté
nos conseils, et surtout si vous suivez bien les enseignements
de vos parents, — il vous reste encore à accomplir un devoir de
politesse pour finir votre journée.
Le soir, quand arrivent neuf hetues, les jeunes yeux semblent
vouloir se fermer de force, en même temps que les jeunes
bouches s'ouvrent d'elles-mêmes... et cela, non pour chanter.
C'est l'heure d'aller se coucher. Et cependant, je ne sais pour-
quoi, nombre d'enfants ne le veulent pas : ils grognent, ils pleur-
nichent, ils demandent à rester encore cinq minutes. Ces
manières-là sont fort ennuyeuses pour leur famille.
Un enfant bien élevé, au contraire, dès qu'on lui dit cju'il est
l'heure, se lève et s'empresse de dire bonsoir à tous les siens.
Bien plus gentil que les vilains grognons et les allreux pleur-
nicheurs, il est aussi plus heureux. En toutes choses il a fut
plaisir à ses parents. De bonne humeur il s'est levé le matin;
en souriant il est allé se couciier le soir.
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CHANSONS DE FRANCE
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JOIES D'ENFANTS
MARS
NOS CHÉRIS
CHEZ EUX — A LA VILLE — A LA MER
A LA CAMPAGNE — DANS LE MONDE
MARS
COMPÈRES ET COMPAGNONS
PESTITS AMIS
GRANDS AMIS — BONNES CONNAISSANCES
CARAN D'ACHE
NOS SOLDATS DU SIÈCLE
CRAFTY
LA CHASSE A COURRE
NOTES ET CROQUIS
CRAFTY
LA CHASSE A TIR
NOTES ET CROQUIS
CRAFTY
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1
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MAY Z 9 1947